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Revue de Big Eyes

Tim Burton, le réalisateur de Big Eyes (en français Les Grands Yeux), me disait une fois que l'inspiration du personnage à tête de citrouille, Jack Skellington dans le film « L'étrange Noël de monsieur Jack », est sans doute un effet secondaire des nombreuses heures qu'il a passées à dessiner des créatures à œil de biche en tant qu'animateur pour Disney. Pendant qu'il se débattait pour rester en éveil alors qu'il travaillait sur des films comme Rox et Rouky, Burton a imaginé un personnage sans yeux, avec juste de gros trous noirs béants. Le fait que la tête creuse de Skellington ait réussi à être tout aussi expressive que la plupart des créatures à gros yeux de Disney en dit long sur la capacité de Burton à trouver du pathos et du charme dans les domaines les plus invraisemblables.

Les personnages aux grands yeux stupides sont de retour dans le tout dernier film de Burton, qui s'inspire des durs labeurs qui dépassent la fiction de l'artiste américaine Margaret Keane. Vers la fin des années 50 et 60, les tableaux de Keane qui représentaient des enfants au regard triste dont les visages étaient dominés par « des miroirs de l'âme » surdimensionnés avaient fait fureur, générant d'énormes revenus et lui conférant le statut d'icône emblématique étrange. Pourtant, Keane n'a pas été récompensée pour son travail. En effet, elle a accepté (sous pression ?) de permettre à son mari extraverti, Walter, de faire office de figure publique pour la marque Keane. Plus tard, après que le couple se soit séparé, ils en sont venus à paraitre devant la justice, et un procès à la cour de Honolulu s'est transformé en un genre de farce où chaque partie s'efforçait de prouver qu'elle était l'artiste derrière ces œuvres d'art.

Le scénario de Big Eyes a été rédigé par Scott Alexander et Larry Karaszewski, ceux-là qui ont écrit le chef-d'œuvre de Burton, Ed Wood, auquel ce film ressemble. De toute évidence, les deux œuvres parlent d'artistes dont les travaux étaient critiqués : Wood s'est vu attribuer le titre de pire réalisateur de tous les temps, et les peintures de Keane ont été vertement dénoncées par, entre autres, John Canaday, le critique d'art du New York Times (dont le rôle est magnifiquement joué ici par Terence Stamp).

Plus important encore, les deux films dépeignent leurs protagonistes d'une manière chaleureusement et comiquement perspicace, une qualité qui définit également d'autres biopics de Alexander et Karaszewski comme Larry Flynt, un film qui dépeint le pornographe comme un héros de la liberté d'expression. Tout comme Ed Wood est décrit dans le film fétiche de Burton comme étant un cinéaste sérieux qui tire son inspiration des gens comme Orson Welles, Magaret est présentée dans Big Eyes, sorti sur DVD le 14 avril 2015 aux États-Unis, comme une vraie artiste dont l'âme s'exprime à travers les visages plaintifs remplis de larmes que son mari la forçait à peindre à une vitesse industrielle.